PHILIPS 640A 1934

à amplification directe.

Un bel appareil

Du beau matériel.

(Fabriqué en France)

Après les PHILIPS des années 1925-1930,

PHILIPS2511_TM.GIF PHILIPS2514B_TM.JPG  PLATABARBE_TM.JPG

une nouvelle génération apparaît, celle des récepteurs à haut parleur incorporés.

Le PHILIPS 640A, fabriqué en France en 1934, est un exemple de cette nouvelle génération PHILIPS.

Chez PHILIPS le système à amplification directe conserve la vedette.

4 étages accordés et 7 tubes.

  • Avantage: musicalité (bande passante de 9 Khz) meilleure que celle des superhétérodynes de cette époque.
  • Inconvénient: manquerait de sélectivité.

Sur le plan esthétique le 640A est très réussi.

 PHILIPS640A-DOC.GIF


N° de série 301399F.

  Esthétique parfaite.

Façade (détail)

Cadran.

Cadran-interchangeable.

Fonctions des tubes.


L'amplification directe :

Elle dérive du poste à galène.

Mais on amplifie le signal HF avant de le détecter. On ajoute 2 étages d'amplification.

Si le principe est simple la réalisation l'est beaucoup moins. Chaque étage d'amplification a tendance à réagir avec l'autre et le système pour être stable, donc pour ne pas entrer en oscillation et accrocher, suppose des blindages minutieux entre chaque étage. En revanche chaque étage qui amplifie resserre la bande passante et on obtient ainsi une sélectivité et une sensibilité.

En 1934 la bande passante restait toutefois supérieure à celle des récepteurs à changement de fréquence (superhétérodyne) et la musicalité de la réception pouvait être plus pure.

Cet pouvait être encore vrai en 1934 mais rapidement il ne le fut plus car les concepteurs de superhétérodyne surent rapidement calibrer la bande passante pour qu'elle fut exactement conforme au nécessaire pour obtenir une bonne musicalité. Les superhétérodynes de luxe possédaient même un réglage de bande passante : large pour la musique, étroite pour la sélectivité.

Donc dès 1934-1935 cet argument de vente était déjà dépassé.

Philips cultivait le principe d'un "dinosaure" industriel selon les spécialistes de ces questions. A sa décharge le "dinosaure" était parfaitement au point.

Restauration :

Pour restaurer ce genre d'appareil il faut le schéma technique et mieux la notice d'atelier.

J'ai trouvé la notice d'atelier sur le CD Rétro-Docs 3 de Rétro-Phonia.

Les tubes sont passés au lampemètre. C'est mon jour de chance car ils sont tous bons.

L'ensemble est dépoussiéré avec la soufflette à air comprimé. Un nuage de poussière s'envole. Ma belle-mère me dit que je vais attrapper des maladies parce dans cette poussière il y a plein de microbes. Elle a raison mais nous avons tous un système immunitaire... Et le mien n'est pas en panne puisque je n'ai pas attrapé de maladie.

Nettoyage de la caisse, du cadran et des boutons.

Ci dessous photo du premier essai.

Premier défaut :

La bobine mobile du haut-parleur est bloquée grippée. Je démonte et je trouve une rouille affreuse (un vrai cancer de rouille !) venant de l'aimant permanent. Nettoyage, grattage et remise en état.

Deuxième défaut :

Les chimiques de filtrage sont hors service. Ceci est classique. En outre l'un des chimiques s'est percé et a "vomis" sur d'autres composants et le châssis une matière noire goudronneuse qui a oxydé tout ce qu'elle a trouvé sur son passage. Nettoyage et remplacement des chimiques.

Troisième défaut :

Le second bloc de bobinages est manifestement en panne. Une intervention a déjà été faite. Démontage ressoudage des fils et collage du corps de bobinage, sur son support, à l'araldite.

Quatrième défaut :

Les conducteurs souples sont gainés de cahoutchouc. Partout ou le câble souple est manipulé le cahoutchouc tombe en miettes et le fil n'est plus, ou mal, isolé. Un long recablage est nécessaire. Sur la photo du premier essai (plus haut) vous verrez des recablages, j'utilise au mieux de la gaine thermo-rétractable pour refaire les bouts des conducteurs.

Cinquième défaut :

La broche grille sur AF2, du 2ème étage HF, est si rayonnante qu'elle a tendance à créer un accrochage. Je la blinde comme ci-dessous :

Blindage supplémentaire.

Autres particularités :

Une triode E438 sert à amplifier le vu-mètre à aiguille dont sensibilité est de 15 mA.

Indicateur miliampèremètre.


Premiers essais :

J'utilise un transformateur d'isolement et un variac. Je monte doucement en tension, les ampoules de cadran s'éclairent petit à petit. Les filaments des tubes commencent à rougir. Je controle les tensions, il était bien calé sur 230 Volts.

Puis j'entends le souffle de la réception et des parasites. Je brasse les rotacteurs et les potentiomètres pour les décrasser.

Position 230 volts.

Je cherche des stations. Ca y est ! Il fonctionne j'entends France Inter en grandes ondes.


Analyse critique :

Très différent d'un super-hétérodyne à changement de fréquence. Quand on cherche une station entre les stations on entend des bruits bizarres et quelquefois des sifflements.

Quand on accroche une station le son est net, vraiment très net. Ce son est un peu métallique, avec un très léger soupçon de nasillement, comme donnent les hauts parleurs de cette époque. C'est un son "à l'ancienne". Les basses sont présentes grâce au diamètre imposant du haut parleur : 21 cm. Il est très agréable d'écouter ce récepteur. Pour 1934 le son de cet appareil est vraiment bien rendu. Il convient de noter que le transformateur de sortie est généreusement dimensionné.

Transformateur de sortie.

La sensibilité est tout à fait comparable à celle d'un superhétérodyne. Quant au soit disant manque de sélectivité je ne le constate pas. L'antenne secteur fonctionne très bien pour les grandes ondes (ondes longues) en revanche sur les ondes moyennes elle ne donne rien. Mais mon réseau électrique est souterrain donc je suppose que les ondes moyennes se perdent en route. Alors que les basses fréquences des ondes longues suivent mieux les fils.

Un bonne antenne filaire filaire de 5 mètres donne des résultats bien supérieurs à l'antenne secteur.

Qualité de construction :1934 était une époque où les ouvriers étaient compétents et où la main d'oeuvre ne coûtait pas très cher. En conséquence la qualité des finitions est remarquable.

Beaux tubes anciens.

 


Origine de propriété :

Cet appareil vient de chez EMMAUS Normandie.

Mais dans la caisse en bois une étiquette est collé :

Et un nom est gravé à la pointe du couteau :

Qui est Legoupil Marcel ?

Cette honorable personne, même si elle avait 20 ans en 1934, aurait maintenant au moins 103 ans.

Il est vraissemblable qu'elle soit décédée, quoique ?

J'ai vérifié sur le WEB. Il existe des personnes ayant pour patronyme LEGOUPIL dans le secteur de Granville en Basse Normandie.

Il est certain que LEGOUPIL Marcel tenait à son récepteur de radio puisqu'il a apposé 2 fois son nom dans la caisse de ce poste.

Une hypothèse au sujet du marquage de ce nom :

La guerre 1939-1945

L'occupation allemande et la confiscation des postes de TSF.

Un correspondant normand m'indique que durant la guerre de 1939-1945, pendant l'occupation allemande les autorités avaient ordonné d'apporter tous les récepteurs en Mairie, afin d'éviter les écoutes de la BBC, notamment. Il s'agissait donc de bien marquer son récepteur pour ne pas hériter, lors de la restitution, d'un appareil identique défectueux, en cette époque de lampes radio coûteuses !

Exemple à Saint Lô : Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre. Aller à : Navigation, Rechercher Saint-Lô http://fr.wikipedia.org/wiki/Accueil "les postes de TSF confisqués et le couvre feu est avancé à 20 heures."

Exemple similaire à Brest :

Je n'ai pas connaissance de faits semblables en Savoie.

Chez moi tous les postes de TSF sont restés à leur place et nous écoutions radio Sottens (Genève-Suisse).

La Suisse n'est qu'à 90 Km de la Savoie, Radio Sottens, puissant, neutre, francophone, était très bien reçu et fournissait des informations sérieuses. Il n'était pas brouillé par les autorités allemandes ou italiennes.

FIN samedi 7 avril 2007; MAJ 16 Juin 2015 (Mobile Friendly)